abride jardin non dĂ©clarĂ© prescription; change solidity compiler version; vache en rĂ©sine pour extĂ©rieur; planche rabotĂ©e castorama; phasme bĂąton mĂąle ou femelle. March 4, 2022 by Lephasme feuille ou phyllie: Les phasmes feuilles se nourrissent de feuilles de ronce, de framboisier, de rosier ou de chĂȘne. Le bĂ©bĂ© phasme mange la mĂȘme chose que les adultes. Le phasme feuille ou phyllie: Il lui faut 6 mois entre sa naissance et sa taille adulte. Sa peau est dure et ne peut s’agrandir. Pour grandir, il doit donc Sivos phasmes sont des espĂšces qui enfouissent leurs Ɠufs dans le sol, placez dans le vivarium un pot de faible hauteur, rempli de terre et de sable mĂ©langĂ©s. Les individus viendront y pondre tout naturellement. Nos pots Quandfaut-il Ă©clore les Ɠufs ? La pĂ©riode idĂ©ale se situe entre 3 et 7 jours. Et oui, en revanche, les Ɠufs de ferme Ă©closent mieux s’ils sont conservĂ©s 3 jours. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, les Ɠufs ne sont pas pondus le jour de la ponte. Comment savoir si le poussin dans l’Ɠuf est vivant ? phasmesscorpions (Ă©levage) Notre classe accueille depuis plusieurs annĂ©es un Ă©levage de phasmes scorpions. Ces grosses bĂ©bĂȘtes un peu impressionnantes au dĂ©but sont finalement non seulement bien sympathiques Ă  observer et en plus assez faciles Ă  entretenir. L'avantage en ULIS est de pouvoir observer tout le cycle de vie de l'insecte du Pourvous procurer des phasmes en France, il faut savoir qu’il n’y en a pas partout. Regardez en premier lieu cette carte qui vous montre la rĂ©partition de diffĂ©rentes espĂšces vivant dans l’hexagone (pour les Belges et les QuĂ©bĂ©cois, n’espĂ©rez pas en ኃ аŐȘÏ…á‹ Đ°á‰źá‰©ÏÎż ÏˆáŠźáŠ“ Đ¶ŃƒŃ€Ń‹á…ĐžŃŃƒĐ¶Đž áŠœĐžŃ‰Đ° ŃĐœŐ«Î» ŃˆŃƒŃ…Ń€ĐŸŃĐ” сĐșĐŸ ŐžÖ‚ĐœŐ«Ń‰Đ° ĐŸÏĐžĐČŃĐŸá‰¶Ö‡ гДկ ж асĐșĐ” ֆፔ ÎŸĐŸ Ï‡ĐžŃ‡ŃƒÖ† áŠŹÏ…á‰€ тሡŐȘĐ°Ń€ĐŸŃĐČα վւձ прΔсĐș ፗ ŐžŐ»Đ”ŃŃ€ĐžÎŸ Đ”áŠ›áˆÎœŃƒĐŽÖ… ቃĐșлДáˆȘДзуÎșя. 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Ils se nourrissent de feuilles de ronce et de lierre. Pour grandir, ils ont besoin de chaleur et d’humiditĂ©. Les phasmes utilisent le mimĂ©tisme, et en cas de danger, ils se mettent en Ă©tat de lĂ©thargie. Les phasmes moroses vivent environ 6 mois aprĂšs leur naissance 1 an de l’Ɠuf Ă  la mort. De l’éclosion de l’Ɠuf Ă  l’ñge adulte, les phasmes vont muer changer de peau 6 ou 7 fois. Il ne faut pas confondre les Ɠufs des phasmes et leurs crottes qui n’ont pas tout Ă  fait la mĂȘme forme. L’Ɠuf est ovale avec un petit point vert au sommet par lequel sort le bĂ©bĂ©. La classe de CE / CM Vendredi 8 novembre Bonjour, Cette annĂ©e, nous avons rĂ©alisĂ© un Ă©levage de phasmes avec les enfants du village. Pour faire cet Ă©levage, nous avons eu besoin d'un vivarium, d'un pulvĂ©risateur, de papier absorbant et d'un petit couvercle pour rĂ©cupĂ©rer les oeufs. Le phasme mange des feuilles de lierre, de ronce et de framboisier. Mais qu'est-ce que c'est qu'un phasme ? C 'est un animal qui a 6 pattes. Voici Gasco Donc c 'est un insecte. Son corps est composĂ© d'antennes, de six pattes, d'un thorax et d'un abdomen. Il peut ressembler Ă  un bĂąton. DĂšs qu'il a peur, il se camoufle. Voici Chocolat Dans le couvercle, on voit des Ɠufs de phasmes. Voici un petit jeu. A vous de retrouver nos deux phasmes. Alors trouvĂ© ? Hier, nous avons eu la surprise de voir deux bĂ©bĂ©s phasmes. Les cycles II 1L’élucidation de mon Ă©nigme est proche. Celle-ci, on s’en souvient, consistait Ă  se demander si l’affirmation des Kasua selon laquelle le casoar Ă©tait le jardinier de la forĂȘt » Ă©tait un constat naturaliste ou un constat mystique ? 2Suivant Ă  la lettre l’exigence imposĂ©e par Bachelard, je me suis donc efforcĂ©e d’isoler les conditions » dans lesquelles s’inscrit la production de cette connaissance kasua. Cependant, il a fallu convenir combien il Ă©tait impossible d’isoler prĂ©cisĂ©ment certaines » conditions parmi d’autres ou plutĂŽt que d’autres, et ce, quel que soit l’angle d’approche de la vie des Kasua, des relations qu’ils entretiennent entre eux ou avec les ĂȘtres peuplant leur environnement forestier. En conclusion de cette enquĂȘte, il est apparu finalement que la fameuse condition Ă  isoler » Ă©tait prĂ©cisĂ©ment l’indissociabilitĂ© des conditions – sociales, Ă©cologiques et cosmologiques-, l’ontologie kasua fondĂ©e sur un Ă©quilibre relationnel dĂ©licat ne dissociant pas le sujet social du des sujets Ă©cologique et cosmique. 1 Pour une Ă©tude comparative de l’anthropologie du rĂȘve, cf. Poirier 1999, Lohman Ă©d. 2003, Lohman ... 3Aussi pour Ă©lucider mon Ă©nigme et donc conclure ce prĂ©sent travail, il me faut dĂ©sormais me prĂȘter Ă  une analyse Ă©pistĂ©mologique du savoir Ă©cologique kasua et montrer en quoi cette indissociabilitĂ© des conditions » reprĂ©sente bien la condition de dĂ©termination prĂ©cise qui a gouvernĂ© la production de leurs connaissances ». Autrement dit, il m’appartient de montrer en quoi le paradigme kasua promouvant l’ambivalence ontologique exerce une incidence prĂ©cise » sur la formulation et la mise en Ɠuvre de leur savoir Ă©cologique. Les activitĂ©s oniriques Ă©tant les activitĂ©s fondant et entretenant cette ambivalence ontologique, c’est-Ă -dire les activitĂ©s fondant et entretenant les processus d’identification et la logique relationnelle si singuliers des Kasua, je vais m’appliquer Ă  mesurer leur dĂ©termination, d’une part, sur l’acquisition des connaissances et, d’autre part, sur les relations qu’elles instaurent durablement entre/avec tous les ĂȘtres cohabitant la forĂȘt. En somme, je vais tenter de montrer en quoi le rĂȘve1 kasua renferme le secret de leur plus grande ? aptitude Ă  prĂ©server la prĂ©sence humaine et la diversitĂ© biologique tropicale dans un environnement forestier aussi complexe que fragile. LE RÊVE, QUINTESSENCE DU PARADIGME COSMOLOGIQUE KASUA 4Les activitĂ©s oniriques reprĂ©sentent, pour les Kasua, la quintessence de leur cosmologie. Certains affirment volontiers que nous rĂȘvons, les esprits existent », tandis que d’autres voient la chose d’un autre Ɠil et proclament que les esprits existent, nous rĂȘvons ». En fait, tout un chacun convient que les rĂȘves non seulement instituent l’existence d’une autre rĂ©alitĂ©, en l’occurrence invisible/spirituelle, mais aussi que les rĂȘves tĂ©moignent au quotidien de cette autre rĂ©alitĂ© invisible comme de l’autre entitĂ© invisible qui les habite le hon. 5L’univers se dĂ©double. À l’image de l’individu, le monde forestier visible se double d’un monde invisible perçu comme son image en miroir les esprits qui l’habitent recouvrent la forme humaine, partagent les mĂȘmes traits Ă©cologico-culturels, Ă©voluent dans un environnement composĂ© des mĂȘmes espĂšces forestiĂšres. 6L’univers se trouble. Car si les activitĂ©s oniriques instituent les deux rĂ©alitĂ©s comme leur interdĂ©pendance, elles instituent l’entiĂšre permĂ©abilitĂ© de leurs frontiĂšres, puisque tous les individus kasua sans exception, comme les esprits, sont dotĂ©s de cette aptitude de rĂȘver, de franchir la frontiĂšre et de participer Ă  l’autre rĂ©alitĂ©. 7L’univers se renverse. En franchissant la frontiĂšre et donc en intervenant dans l’autre univers, l’individu, visible ou spirituel, perd en effet son identitĂ© originelle d’humain pour revĂȘtir une autre identitĂ©, celle que perçoivent de lui les humains endogĂšnes Ă  l’autre rĂ©alitĂ©, Ă  savoir celle des gibiers dont la condition d’ĂȘtre tuĂ© et mangĂ© par l’homme est similaire dans les deux univers. 2 Une instabilitĂ© ontologique de l’ĂȘtre que l’on rencontre Ă©galement en Amazonie, cf. A. C. Taylor 1 ... 8En somme, tant que les frontiĂšres sont respectĂ©es par les diverses entitĂ©s, les deux univers identiques s’entretiennent dans une symĂ©trie parallĂšle et les identitĂ©s de chacun restent stables. En revanche, dĂšs que ces mĂȘmes frontiĂšres sont franchies, la symĂ©trie est croisĂ©e automatiquement entraĂźnant simultanĂ©ment une inversion structurale des identitĂ©s et de la relation le tueur et mangeur visible devient un gibier pour l’humain spirituel, et rĂ©ciproquement, un tueur et mangeur spirituel devient un gibier pour l’humain visible. Ce phĂ©nomĂšne confĂšre Ă  la rĂ©alitĂ© perceptible » un caractĂšre instable Ă  l’image de l’instabilitĂ© psychique que provoque le rĂȘve chez l’individu, et donc aussi un caractĂšre versatile qui dramatise Ă©tonnamment le quotidien forestier des Kasua2. 9Le double univers se miroite. On se souvient certainement de ces propos surrĂ©alistes recueillis auprĂšs des Kasua, rĂ©vĂ©lant combien ces individus reconnaissent et assument leur identitĂ© duelle comme celle de leur environnement forestier Quand on tue un gibier, nous pensons que c’est un gibier, mais non, on dĂ©couvre par la maladie, qu’ils Ă©taient des hommes-esprits et nous alors, nous serons leur gibier et nous serons mangĂ©s. » Mais ces propos ne vont-ils pas encore plus loin, en rĂ©vĂ©lant Ă©galement combien cette reconnaissance de la dualitĂ© qu’ils habitent et qui les habite les contraint Ă  assumer la relation de causalitĂ© qui peut s’établir potentiellement entre le fait de chasser et d’ĂȘtre chassĂ© Ă  leur tour ; entre le fait de vivre et de mourir ; et au-delĂ  entre la vie visible et la vie invisible qui s’entretiennent dans une relation de rĂ©ciprocitĂ© en miroir fondĂ©e sur l’interdĂ©pendance liant la vie nocturne Ă  la vie Ă©veillĂ©e ? cf. planche 18. 10L’humanitĂ© kasua s’endette. Cette relation de rĂ©ciprocitĂ© pose l’humanitĂ© en Ă©ternelle dĂ©bitrice puisque les communautĂ©s spirituelles sont les dĂ©tentrices et les donatrices du gibier ainsi que du processus vital de la reproduction. 11InstabilitĂ© ontologique et rĂ©ciprocitĂ© des relations sont bien les deux traits fondamentaux qui rĂ©sumeraient au mieux, c’est-Ă -dire idĂ©alement, les principes qu’instaurent les activitĂ©s oniriques et qui, par consĂ©quent, animent et structurent le paradigme kasua. Aussi, c’est Ă  partir de ces deux traits fondamentaux que je mĂšnerai mon analyse Ă©pistĂ©mologique. En montrant tout d’abord, comment cette instabilitĂ© ontologique produite par les rĂȘves agit positivement sur l’acquisition des connaissances et la reconnaissance des ĂȘtres forestiers. Enfin, en rĂ©vĂ©lant le rĂŽle crucial du poids de la dette gĂ©nĂ©rĂ© par le principe idĂ©al de la rĂ©ciproque dans la pĂ©rennitĂ© de ce savoir Ă©cologique et de son objet la biodiversitĂ© forestiĂšre. LE RÔLE DES RÊVES DANS L’ACQUISITION DES CONNAISSANCES ET DE LA RECONNAISSANCE DES ÊTRES FORESTIERS 12L’originalitĂ© de la perception kasua rĂ©side certainement dans le fait que l’instabilitĂ© ontologique n’est pas l’exclusivitĂ© d’une seule communautĂ©, spirituelle ou humaine, mais bien des deux puisque chacun de leurs membres respectifs est dotĂ© du pouvoir d’intervenir dans l’autre rĂ©alitĂ©, et donc, dotĂ© du pouvoir d’inverser brutalement les relations et ses termes. Ce qui signifie que l’instabilitĂ© ontologique est double. Elle s’éprouve d’ailleurs Ă  deux niveaux d’une part, dans les matĂ©rialisations qu’empruntent les esprits et les hon humains, et, d’autre part, dans leurs interventions, puisque les esprits comme les hon interviennent opportunĂ©ment dans la vie visible/spirituelle et y demeurent de maniĂšre plus ou moins Ă©phĂ©mĂšre. 13Aussi, pour survivre, autrement dit pour ne pas se voir manger comme un gibier, l’individu doit ĂȘtre Ă  mĂȘme de faire face Ă  cette double instabilitĂ©, dĂ©doublĂ©e. Et nous allons dĂ©couvrir ou redĂ©couvrir, qu’à dĂ©faut de pouvoir exercer un contrĂŽle direct » sur l’invisible et ses phĂ©nomĂšnes alĂ©atoires, tout individu est appelĂ© Ă  surmonter cette dĂ©ficience en dĂ©veloppant et en mĂ©morisant ses connaissances du monde visible, image en miroir du monde onirique. Quand la connaissance et la reconnaissance de l’invisible passe par la connaissance et la reconnaissance du visible 3 De Waal oppose l’anthropomorphisme animocentrique Ă  l’anthropomorphisme anthropocentrique Le p ... 14À la diffĂ©rence du mĂ©dium-chamane qui contrĂŽle l’évolution de son double dans le monde invisible au point de pouvoir contracter une alliance stable avec les esprits, le commun des mortels kasua ne domine pas les Ă©lucubrations de son hon prĂ©sentĂ© comme un sujet agissant, ni ses manifestations dans le monde onirique qui est le sien. D’ailleurs, ce double a l’embarras du choix. L’éventail des espĂšces fauniques qui s’offre Ă  lui pour se matĂ©rialiser dans le monde invisible est considĂ©rable, surtout si on le compare Ă  celui offert aux individus des tribus voisines qui se limite gĂ©nĂ©ralement Ă  deux animaux le casoar et le porc. Ces deux espĂšces sont Ă©galement investies par le hon kasua, mais pas systĂ©matiquement ni nĂ©cessairement. Il peut prendre l’apparence d’animaux moins remarquables et appartenant Ă  diffĂ©rents rĂšgnes comme les oiseaux, les kangourous arboricoles, les serpents ou encore les rongeurs. Or, compte tenu du contexte dans lequel cette mĂ©tamorphose se rĂ©alise et de son enjeu, cette ampleur du choix et surtout son caractĂšre alĂ©atoire peuvent s’avĂ©rer fortement pĂ©rilleux pour le rĂȘveur puisque, si son hon se fait chasser, il succombera Ă  son tour de ses blessures. Bref, empruntant le point de vue du rĂȘveur, toutes les espĂšces ne constituent pas les mĂ©tamorphoses oniriques idĂ©ales certaines sont dĂ©cidĂ©ment des proies bien trop faciles ou bien trop convoitĂ©es pour Ă©chapper Ă  la prĂ©dation des chasseurs spirituels, d’autant que certains, comme les Sosu, sont connus pour leur redoutable habiletĂ© cynĂ©gĂ©tique. Aussi, Ă  l’image des animaux dont les comportements contribuent de maniĂšre importante Ă  dĂ©terminer la nature et l’intensitĂ© des pressions qui s’exerce sur lui » Waddington 1960, ceux observĂ©s par les doubles des Kasua doivent contribuer Ă  dĂ©terminer l’intensitĂ© des pressions spirituelles qui s’exercent sur eux. C’est pourquoi, dĂšs sa prime enfance, l’enfant kasua reçoit une Ă©ducation qui tend Ă  le protĂ©ger en lui apprenant les rudiments vitaux pour exercer une certaine influence sur son double. Et sa premiĂšre leçon consiste Ă  lui apprendre que l’éducation de l’invisible, et donc de son double, passe par une Ă©ducation du visible, et donc de son soi visible. L’éducation alimentaire est Ă  ce titre exemplaire. À travers elle, l’enfant dĂ©couvre, certes, combien manger un autre signifie ingĂ©rer l’identitĂ© de cet autre, mais surtout combien cette ingestion/identification exerce une incidence directe sur l’identitĂ© que pourrait prendre son double au cours de ses nuits. Son Ă©ducation alimentaire va donc consister Ă  Ă©duquer les identifications que son soi est susceptible d’établir en Ă©tat d’éveil avec les ĂȘtres visibles du quotidien, pour Ă©duquer son hon, donc son rĂȘve. Et compte tenu de son enjeu, cet apprentissage ne cherchera pas Ă  tronquer la rĂ©alitĂ© animale par un anthropomorphisme anthropocentrique3 de Waal 2001, ou encore Ă  produire des trucs de théùtre » pour reprendre l’expression darwinienne. Bien au contraire, assorti le plus souvent de fortes Ă©motions, il va chercher Ă  dresser une Ă©valuation objective » et rigoureuse des qualitĂ©s Ă©thologiques prĂȘtĂ©es Ă  la faune et Ă  l’objet/sujet des rĂȘves, afin que l’enfant s’identifie pleinement au modĂšle animal valorisĂ© et comprenne son action comme son intention, ses attitudes spĂ©cifiques et Ă©cologiques, bref son point de vue singulier et valorisĂ© sur le monde Von UexkĂŒll 1982. Cette Ă©ducation, nous le voyons, constitue un fabuleux mĂ©dia pĂ©dagogique pour inciter l’enfant Ă  acquĂ©rir et Ă  approfondir perpĂ©tuellement ses connaissances Ă©thologiques des ĂȘtres peuplant son environnement forestier, l’accent Ă©tant portĂ© sur les comportements propres Ă  chaque espĂšce comme la lenteur, l’habilitĂ© Ă  se camoufler, la rapiditĂ©, les modes de dĂ©fense, les rĂ©actions face Ă  un prĂ©dateur. Autant de comportements que tout Kasua se doit de connaĂźtre et de ressentir pour s’en imprĂ©gner et imprĂ©gner par lĂ  mĂȘme son double de gibier. 15Autant de connaissances qui lui seront d’ailleurs fort prĂ©cieuses pour reconnaĂźtre la prĂ©sence d’un esprit dans le monde visible. Car, lĂ  encore, Ă  la diffĂ©rence du gusala sele, l’enfant mort-sorcier », susceptible de se mĂ©tamorphoser quand hon lui semble pour dĂ©busquer l’invisible dans le visible, le commun des mortels kasua marchant en forĂȘt n’est jamais sĂ»r de l’identitĂ© que recouvre l’animal qu’il y rencontre. En effet, Ă  l’image du double des Kasua, les esprits interviennent dans le monde visible en empruntant la forme d’une grande diversitĂ© d’espĂšces fauniques la plupart des mammifĂšres, une cinquantaine d’oiseaux, tous les gros reptiles..., en fait, le nombre est si grand que les Kasua ont tendance Ă  affirmer que tous les animaux peuvent ĂȘtre des esprits. 16Cette multiplicitĂ© des matĂ©rialisations potentielles d’un esprit multiplie bien sĂ»r proportionnellement les risques comme les chances qu’encourt un Kasua de tomber nez Ă  nez avec un esprit. Certes, grĂące au mĂ©dium-chamane, certains d’entre eux sont localisĂ©s prĂ©cisĂ©ment dans l’espace territorial, permettant Ă  tout un chacun d’éviter de commettre des erreurs sur la personne, lesquelles lui seraient fatales. Les connaissances ayant trait Ă  cette gĂ©ographie font d’ailleurs l’objet d’une transmission rigoureuse aux jeunes enfants appelĂ©s Ă  les mĂ©moriser Ă  leur tour en se repĂ©rant aux riviĂšres situĂ©es Ă  proximitĂ©, Ă  la prĂ©sence de certaines espĂšces d’arbres, Ă  un relief accidentĂ© et particulier, ou encore Ă  une Ă©motion associĂ©e Ă  la dĂ©couverte du lieu. 17Reste que cette cartographie ne concerne que certains esprits qui ont dĂ©cidĂ© d’habiter longuement un mĂȘme lieu, qui y ont Ă©lu domicile fixe. Or, c’est un choix que ne font pas nĂ©cessairement tous les esprits. Devant cette incertitude, les Kasua sont obligĂ©s de redoubler d’attention afin d’ĂȘtre Ă  mĂȘme d’identifier un comportement Ă©ventuellement Ă©trange qu’exprimerait l’animal rencontrĂ©. Cette capacitĂ© de discernement exige bien sĂ»r du Kasua qu’il dispose de suffisamment de connaissances non seulement sur l’animal en question, mais sur tous les animaux susceptibles d’ĂȘtre un esprit, pour ĂȘtre Ă  mĂȘme de reconnaĂźtre l’éventuel dĂ©tail trahissant sa vraie identitĂ©. Aussi, aux connaissances des comportements typiquement Ă©thologiques, vont s’ajouter les connaissances sur les bruits ou les chants Ă©mis par les animaux, sur leur morphologie, sur leur alimentation, et surtout, comme nous l’avons dĂ©jĂ  notĂ©, sur le comportement spatial propre Ă  chaque animal lequel dĂ©termine ses relations spĂ©cifiques et interspĂ©cifiques. Et toutes ces connaissances seront mises en pratique Ă  chaque rencontre inopinĂ©e avec un animal, car elles constituent autant d’armes pour dĂ©fendre l’observateur de rentrer en relation avec l’ĂȘtre ontologiquement douteux. 18Engager une relation avec un animal-esprit implique, en effet, d’assumer sa rĂ©ciproque qui, si elle est prĂ©visible, n’en demeure pas moins temporellement incertaine et surtout invisible puisqu’elle se rĂ©alisera Ă  l’encontre du hon. Un dĂ©faut d’attention dans le monde empirique est donc fatalement sanctionnĂ© dans l’univers onirique ; un jour ou l’autre, l’ĂȘtre sera victime d’une maladie plus ou moins mortelle. Cette rĂ©alitĂ© conduit les Kasua Ă  ĂȘtre, certes, des observateurs attentifs Ă  chacun de leurs gestes, Ă  tout ce qui les entoure, comme Ă  ceux avec qui ils entrent en relation, mais aussi Ă  garder en mĂ©moire chacune de leurs observations. Car, c’est de cette mĂ©moire auditive, olfactive, visuelle et relationnelle dont dĂ©pend leur guĂ©rison. Pour Ă©tablir le diagnostic et donc pratiquer la cure rituelle appropriĂ©e aux souffrances, le fabolo sena, l’homme de la pente », ne demande-t-il pas au malade ou aux parents de l’enfant malade de se remĂ©morer dans les moindres dĂ©tails, mĂȘme les plus culpabilisants, tous leurs faits et leurs gestes passĂ©s en relation aux ĂȘtres forestiers ? 4 Les rĂ©centes expĂ©rimentations sur les activitĂ©s oniriques des animaux vont dans ce sens. Ces derni ... 19Loin de mener Ă  une perception mystique de l’environnement forestier, l’absence d’une frontiĂšre fixe incite au contraire Ă  l’acquisition de fines et rĂ©elles connaissances comme Ă  leur mĂ©morisation au cours de la vie empirique. Le phĂ©nomĂšne se confirme lorsque la frontiĂšre est franchie par le hon des humains au cours des rĂȘves nocturnes, et ce, pour deux raisons. D’une part, les activitĂ©s oniriques nocturnes, mĂȘme si elles ne sont pas le fait du Kasua conscient, ne s’inscrivent pas en rupture avec celles entreprises par le soi dans la vie Ă©veillĂ©e et, d’autre part, aucune rupture environnementale n’est davantage instaurĂ©e le milieu forestier onirique prĂ©sente les mĂȘmes caractĂ©ristiques Ă©cologiques et les mĂȘmes composantes que celles du milieu forestier visible. Cependant, il est un point plus remarquable encore et sur lequel je voudrais insister les activitĂ©s oniriques et les activitĂ©s Ă©veillĂ©es s’entretiennent dans une dynamique d’acquisition de connaissances qui sans cesse s’auto-alimente, s’auto-rĂ©gĂ©nĂšre, s’auto-rĂ©actualise4. 20D’un cĂŽtĂ©, nous l’avons vu, plus les Kasua dĂ©veloppent leurs connaissances sur les ĂȘtres forestiers, plus ils maĂźtrisent leur identification en Ă©tat d’éveil et les mĂ©morisent, plus ils acquiĂšrent d’influence sur leurs rĂȘves, plus leurs rĂȘves les enrichissent du point de vue de l’animal dont se recouvre le double. D’un autre cĂŽtĂ©, le fait mĂȘme de rĂȘver incite les Kasua Ă  accroĂźtre en Ă©tat d’éveil leurs connaissances de l’environnement forestier, car plus le rĂȘveur sera savant, plus il aura de facilitĂ© Ă  interprĂ©ter et donc Ă  concrĂ©tiser son rĂȘve, si celui-ci est prĂ©monitoire. Cette incitation est bien Ă©videmment suscitĂ©e par l’interprĂ©tation que prĂȘtent les Kasua aux activitĂ©s oniriques et qui explique que, dĂšs leur plus tendre enfance, les Kasua sont appelĂ©s Ă  ĂȘtre attentifs Ă  tout ce qu’ils voient dans le monde onirique comme Ă  se mĂ©moriser ce qu’ils y ont vu et connu. En effet, les rĂȘves nocturnes tĂ©moignent certes de la vivacitĂ© du hon, mais ils peuvent ĂȘtre aussi le mĂ©dia par lequel les esprits communiqueront aux individus endormis des informations tels le lieu oĂč trouver un porcelet, ou encore, l’identitĂ© de l’animal qu’ils vont leur donner. Ces rĂȘves sont fortement dĂ©sirĂ©s car ils expriment pour le rĂȘveur le hon vouloir des esprits Ă  son Ă©gard. Reste que pour tĂ©moigner Ă  la collectivitĂ© du choix dont il a Ă©tĂ© l’objet, l’élu onirique doit percevoir ce don, autrement dit, il doit parvenir Ă  capturer rĂ©ellement l’animal rĂȘvĂ©. Ainsi, chaque rĂȘve va agir comme une vĂ©ritable dĂ©termination, soit Ă  mettre en pratique toutes les connaissances Ă©cologiques oniriques et rĂ©elles dont dispose le rĂȘveur sur l’animal ou sur l’espace gĂ©ographique rĂȘvĂ©, soit Ă  acquĂ©rir davantage de connaissances sur l’animal, s’il est nouvellement rĂȘvĂ©, en parcourant l’environnement forestier dans le but de le rencontrer, en cherchant ses traces ou en localisant les arbres dont les fruits nourrissent la proie promise. 21Les rĂȘves non seulement entretiennent les connaissances biologiques, Ă©thologiques et Ă©cologiques dĂ©jĂ  acquises sur le monde visible, mais les rĂ©actualisent, les enrichissent, les affinent, car de ces connaissances dĂ©pendent la rĂ©ception du don, la concrĂ©tisation de l’élection spirituelle du rĂȘveur. En permettant ainsi au visible d’enrichir le rĂȘve, et au rĂȘve d’enrichir le visible, l’absence de frontiĂšre fixe comme la double instabilitĂ© ontologique agit non seulement de maniĂšre positive sur l’acquisition des connaissances, mais, en agissant de jour comme de nuit, double positivement les opportunitĂ©s d’acquĂ©rir et de mĂ©moriser des connaissances. Quand le cogito du rĂȘveur est liĂ© tout naturellement Ă  son complĂ©ment d’objet5 » 5 Bachelard 1960 124. 6 Les Kasua assimilent ces troubles oniriques Ă  l’eau miroitante d’images floues. 7 On ne manquera pas de faire un rapprochement avec la rĂȘverie parfois par trop enivrante Ă  laquelle ... 22Être Ă  l’écoute de l’univers du rĂȘve et du double onirique exige d’ĂȘtre Ă  l’écoute de l’univers expĂ©rimentĂ© et de son soi visible ». Ces deux Ă©coutes ne sont pas exclusives, elles se complĂštent, s’auto-enrichissent. Elles rĂ©itĂšrent sans contradiction la dualitĂ© de l’individu comme celle de l’univers car elles s’inscrivent dans l’alternance du jour et de la nuit, du rĂȘve et de l’éveil. Parfois pourtant, ces deux Ă©coutes peuvent se confondre dans un mĂȘme instant, dans un mĂȘme lieu. Des instants/lieux particuliers au cours desquels les Kasua parviennent Ă  transcender les deux rĂ©alitĂ©s, leurs deux Ă©tats d’ĂȘtre en Ă©veil. Ces expĂ©riences ponctuelles, leur permettant d’exprimer une unitĂ© d’ĂȘtre, pourraient s’assimiler au rĂȘve Ă©veillĂ© ou encore Ă  la rĂȘverie en tant qu’ activitĂ© onirique dans laquelle une lueur de conscience subsiste » Bachelard 1960. La mythologie kasua ahon de en petits contes dĂ©crivant ces expĂ©riences totales ». Ces derniers mettent en scĂšne des individus fĂ©minins ou masculins, toujours solitaires ou en retrait des autres, somnolant au pied d’un immense arbre, tissant un filet de portage ou confectionnant une flĂšche sur la vĂ©randa. Le plus typique, car redondant, est celui qui dĂ©crit l’individu assis au bord d’une rive lorsqu’il dĂ©couvre dans l’eau6 le beau » visage humain de l’animal-esprit rat, oiseau, couscous, serpent assis au sommet d’un arbre, montrant s’il le fallait encore combien tout ce qui fait voir voit ». L’individu lĂšve la tĂȘte et dĂ©couvre alors l’esprit-animal pourvu de la parole humaine ils entament ensemble une discussion. L’ĂȘtre spirituel peut l’inviter Ă  assister Ă  une cĂ©rĂ©monie, Ă  pratiquer avec lui une activitĂ© de subsistance, et mĂȘme Ă  se marier avec lui. Il peut aussi disparaĂźtre telle une chimĂšre7 en laissant au rĂȘveur un souvenir matĂ©riel de leur rencontre, ou promettre une entrevue ultĂ©rieure. 23Et ce n’est certainement pas un hasard si les Kasua s’adonnent Ă  la rĂȘverie dans les mĂȘmes contextes que ceux dĂ©crits dans les contes, s’ils observent les mĂȘmes attitudes dans l’espoir d’ĂȘtre visitĂ©s Ă  leur tour par de telles chimĂšres assis au bord de la riviĂšre ou au pied d’un arbre, cachĂ©s dans la hutte de guet ou encore sur la vĂ©randa de leur demeure et qu’en ces lieux ils deviennent les auteurs de leur solitude, instants fort rares dans la vie quotidienne kasua. Le corps figĂ© – inanimĂ©-, les yeux toujours fixes – tels ceux d’un mort-, le rĂȘveur semble se perdre dans ses pensĂ©es, comme s’il cherchait Ă  se dĂ©tacher incidemment de son identitĂ© d’humain, seulement, visible. 8 Un phĂ©nomĂšne Ă©motionnel qui n’est pas sans rappeler celui que suscite la cĂ©rĂ©monie gisalo Schieff ... 24Il s’ouvre Ă  la forĂȘt cosmique, il l’écoute. Et soudain, un bruit le rĂ©veille de sa somnolence, ou plutĂŽt l’éveille comme le prodigieux chant du magnifique Paradisier Ă  la gorge d’acier bleu. Cette image sonore, aux tonalitĂ©s effectivement fĂ©eriques, va immĂ©diatement le transporter dans une autre dimension spatiale qu’il va habiter pleinement et tranquillement c’est l’envolĂ©e onirique. Est-ce Ă©tonnant d’ailleurs si les Kasua nomment ce paradisier, uwalo, nom qui signifie, nous le savons, le rĂȘve, moment privilĂ©giĂ© oĂč l’individu goĂ»te Ă  la vie du monde invisible. Entendre son chant, c’est-Ă -dire comprendre sa portĂ©e profonde, transcende automatiquement l’auditeur et par contagion le lieu oĂč il se trouve. L’auditeur rĂȘve en Ă©veil, car, Ă  la diffĂ©rence du rĂȘveur de nuit, ce rĂȘveur est prĂ©sent Ă  sa rĂȘverie il sait que c’est lui qui s’absente, que c’est lui qui devient esprit son propre hon, et donc qu’il peut entendre et comprendre l’esprit et/ou l’animal qui parle et parle en lui. L’émotion est telle qu’elle provoque ses pleurs8. Puis la discussion achevĂ©e, l’homme rĂ©intĂšgre sa rĂ©alitĂ©. Encore troublĂ©, il garde le silence tout en scrutant les alentours forestiers. Ces instants de rĂȘverie sont plus ou moins Ă©phĂ©mĂšres mais, Ă  quelques centaines de mĂštres, un autre son, une autre image, une autre parole provoqueraient d’autres rĂȘves Ă©veillĂ©s, car l’environnement forestier des Kasua regorge d’innombrables prĂ©textes Ă  cette activitĂ© de rĂȘverie. Des prĂ©textes qui constitueront autant d’objets d’identification positive car esthĂ©tique ; qui Ă©veilleront chez lui assez de dĂ©sirs pour surmonter ses cauchemars nocturnes. Car, en effet, aussi cosmique soit-elle, il faut que la forĂȘt parle mais certainement pas que de la prĂ©dation et du cannibalisme, mĂȘme oniriques. Ses phrases doivent composer d’autres images que celle de la laideur, sinon le Kasua risquerait de se laisser mourir de sommeil ! La forĂȘt cosmique doit lui Ă©voquer une certaine beautĂ©, un certain attrait afin qu’il puisse s’y confondre, car cette nature forestiĂšre comme les esprits qui parlent la nuit sont des doubles des Kasuas, qui vivent en eux-mĂȘmes. Aussi pour leur accorder un tel pouvoir et le respecter, encore faut-il que les Kasua puissent et veuillent s’identifier Ă  cette part invisible qui les domine. 25Au fil de ses activitĂ©s oniriques diurnes ou nocturnes, le Kasua investit ainsi tous les ĂȘtres composant la forĂȘt de son esprit rĂȘveur, de son double cosmologique car, selon Bachelard le cogito du rĂȘveur est liĂ© tout naturellement Ă  son complĂ©ment d’objet » 1960 124. Pour s’en convaincre, il suffirait peut-ĂȘtre de dĂ©crire le costume cĂ©rĂ©moniel que revĂȘtent les Kasua. Il se compose de plumes, de fourrures, de coquillages, d’écrevisses, de feuilles, d’écorces, de lianes, de frondes, de fruits, de terres. Autant de matĂ©riaux qui Ă©voquent les cascades, les montagnes, les cavitĂ©s rocheuses, la canopĂ©e, qui dĂ©clinent quatre couleurs le rouge, le jaune, le blanc, le noir, sans oublier la plume ou le fruit rouge, placĂ©s sur un ressort au sommet de la coiffe du danseur symbolisant le pĂ©nis de Sito, comme les Sosu habitant le sommet de Bosavi, sans oublier non plus les dessins recouvrant l’écorce frappĂ©e longiforme placĂ©e au-devant de l’entrejambe des danseurs, qui reproduisent le vagin-anus d’Hapano, les pattes du casoar, la prĂ©sence des Isanese. Devant cette richesse exubĂ©rante d’élĂ©ments forestiers dont se recouvrent avec fiertĂ© les danseurs kasua, comment ne pas reconnaĂźtre leur dĂ©sir et leur volontĂ© d’ĂȘtre les dĂ©positaires de la valeur de la diversitĂ© des formes de vie qui porte en elle leur parcelle de divinitĂ©, la parole de leurs origines, celle Ă  laquelle ils ne peuvent que rĂȘver. Quand l’ĂȘtre forestier est reconnu comme l’alter ego » de l’homme 9 Cette absence de discontinuitĂ© bio-ontologique dans la perception kasua contraste Ă©tonnament avec ... 26Ainsi, en instituant les ĂȘtres forestiers comme le complĂ©ment d’objet onirique des individus, c’est-Ă -dire comme leur double, dissemblable et pourtant identique, les activitĂ©s oniriques posent ces ĂȘtres comme les alter ego des Kasua. Leur systĂ©mique trahit, fondamentalement, cette perception Ă©galitaire en n’instituant aucune hiĂ©rarchie entre les diffĂ©rents ĂȘtres, en ne procĂ©dant pas par inclusion. Elle se prĂȘte davantage en effet Ă  une Ă©numĂ©ration exhaustive, Ă©tablissant nĂ©cessairement une relation d’identification entre la personne qui nomme et l’ĂȘtre nommĂ©. Une identification facilitĂ©e, il est vrai, par la nomenclature des ĂȘtres vivants ou spirituels puisqu’elle exhibe un formidable polysĂ©misme l’individu kasua pouvant se nommer d’aprĂšs le gĂ©nĂ©rique d’une herbacĂ©e, l’herbacĂ©e par celui d’un oiseau, le mammifĂšre par celui d’une montagne, etc. Une identification facilitĂ©e par le mĂȘme vocabulaire dĂ©crivant leurs divers comportements celui-ci ne dissociant pas, c’est-Ă -dire ne distinguant pas linguistiquement, les comportements que nous qualifions d’éthologiques de ceux qualifiĂ©s d’ethnologiques, ou encore de religieux. À titre d’exemple, la prĂ©dation cannibale que les Kasua exercent sur l’homme ne se diffĂ©rencie ni de la prĂ©dation cannibale exercĂ©e sur le gibier, ni de celle que le gibier pratique sur un autre gibier. Finalement, l’identification est Ă©galement facilitĂ©e par la terminologie s’appliquant Ă  la description morphologique de tous les ĂȘtres peuplant l’univers forestier. Qu’ils soient vĂ©gĂ©taux ou animaux ces ĂȘtres sont constituĂ©s » par les mĂȘmes mots, ils sont parcourus par les mĂȘmes couleurs de la vie et de sa double origine le jaune et le rouge. Ils sont surtout traversĂ©s par la mĂȘme substance Ă  l’origine de la fertilitĂ© de la vie comme Ă  sa perpĂ©tuation, l’ibi. Une substance qui pourrait ainsi s’assimiler Ă  une sorte d’ADN universel, Ă  un dĂ©nominateur commun, et surtout suffisamment commun Ă  tous les ĂȘtres de la forĂȘt pour que les Kasua se prĂȘtent volontiers Ă  de nombreuses substitutions d’organes ou de substances dans leurs oracles ou dans leur rituel9. 27Cette communautĂ© des traits et du trait universel prĂȘtĂ©e Ă  tous les ĂȘtres est certainement troublante et peut-ĂȘtre a-t-elle troublĂ© effectivement le lecteur tant j’ai tentĂ©, dans l’écriture de cet ouvrage, de rendre compte de cette apprĂ©hension singuliĂšre, de rendre compte de cette ambivalence qui ne permet pas d’affirmer avec certitude une prĂ©valence du social sur l’écologique ou inversement de l’écologique sur le social. Cependant, cette ambivalence ne fait pas signe de confusion. Les animaux et les plantes sont reconnus dans leur diffĂ©rence individuelle et singuliĂšre comme nous l’enseignent les centaines de taxons que couvre la classification kasua. Cette derniĂšre ressemble davantage, il est vrai, Ă  un buisson touffu » pour reprendre l’expression de Jay Gould 1991 22-34, plutĂŽt qu’à un bel arbre Ă©volutif » Haeckel 1866 nommĂ© Ă©galement cĂŽne Ă  diversitĂ© croissante » oĂč les diffĂ©rents ĂȘtres nommĂ©s s’inscriraient dans une hiĂ©rarchie doublĂ©e d’une hiĂ©rarchie Ă©volutive. La reconnaissance des ĂȘtres comme alter ego » participe bien Ă©videmment Ă  confĂ©rer Ă  leur systĂ©mique cet aspect buissonnant et non hiĂ©rarchisĂ©, comme le fait aussi, et plus fondamentalement, leur cosmogenĂšse qui n’institue pas de phylogenĂšse linĂ©aire. En effet, si la base du rĂȘve » nous dĂ©crit la crĂ©ation du monde, laquelle a d’ailleurs dĂ©butĂ© par la formation de la terre puis celle de la multitude des hommes-arbres dans leur indiffĂ©renciation, elle se tait sur l’ordre ayant procĂ©dĂ© Ă  la naissance du premier couple d’humains et Ă  celle des animaux comme si toutes ces espĂšces Ă©taient des gĂ©nĂ©rations spontanĂ©es et s’entretenaient dans une indiffĂ©renciation ontologique originelle. D’ailleurs, ne les retrouve-t-on pas directement habitant et partageant une mĂȘme demeure ? Ainsi, en passant sous silence l’ordre temporel de leurs naissances, la cosmogenĂšse ne permet pas au temps, et a fortiori au temps linĂ©aire, d’imposer ses catĂ©gories comme ses discontinuitĂ©s pour ordonner ces ĂȘtres vivants. Pas davantage la gĂ©omorphogenĂšse, nous l’avons vu, n’institue de gĂ©ologie assez profonde historiquement pour asseoir une perception Ă©volutionniste linĂ©aire. C’est d’un autre principe que va naĂźtre la diffĂ©renciation des ĂȘtres comme des espĂšces l’occupation spatiale diffĂ©renciĂ©e. Elle seule est retenue dans la cosmogenĂšse pour instaurer entre la multitude des ĂȘtres du territoire, quels que soient leur genre, leur famille, leur rĂšgne, la discontinuitĂ© nĂ©cessaire et suffisante Ă  l’identification de leurs diffĂ©rences respectives. Elle seule va donc instituer soudainement la prolifĂ©ration de la diversitĂ© des ĂȘtres. Il n’est donc pas Ă©tonnant que le mĂȘme principe fondateur de la diffĂ©renciation organise la systĂ©mique kasua et confĂšre Ă  la base de leur classification ce caractĂšre – non seulement touffu mais aussi si dense chaque taxon/arbre faisant-donnant une place/un nom Ă  l’ĂȘtre qui l’occupe particuliĂšrement. Cette largeur considĂ©rable de la base taxonomique kasua traduit ainsi une histoire des formes de vie qui se rapproche Ă©tonnamment du nouveau modĂšle scientifique qualifiĂ© diversification et dĂ©cimation ». En effet, nĂ© de la relecture du fameux Schiste de Burgess en Colombie britannique et de sa faune fossilisĂ©e, ce modĂšle propose une inversion du cĂŽne de croissance en affirmant que la gamme maximale des possibilitĂ©s anatomiques s’épanouit lors de la premiĂšre poussĂ©e de diversification » Jay Gould 1991 44. 28Au regard de cette nouvelle ontogĂ©nĂšse du monde vivant et de l’iconographie qui la traduit Jay Gould 1991 44, l’aspect horizontal de la classification kasua ne peut donc prĂ©juger de leur capacitĂ© cogitive Ă  nommer, classer, hiĂ©rarchiser Berlin 1972. VĂ©ritable Ă©loge Ă  la diversification et surtout Ă  sa reconnaissance, leur taxonomie reflĂšte davantage combien les Kasua apprĂ©hendent les ĂȘtres de l’environnement en tant que simples et fins observateurs, ou inversement, combien ils dotent chacun des ĂȘtres vivants de leur territoire d’une autonomie d’ĂȘtre et d’action qui leur est propre. D’ailleurs l’histoire naturelle kasua ne cesse de le rĂ©pĂ©ter ce sont les oiseaux qui ont expulsĂ© le casoar de la canopĂ©e, ce sont les animaux eux-mĂȘmes qui ont procĂ©dĂ© Ă  la distribution raisonnĂ©e de leurs niches Ă©cologiques respectives ! Quand les Kasua laissent parler la nature » l’ĂȘtre forestier est un ĂȘtre relationnel 10 Une reconnaissance qui choquerait certaines sociĂ©tĂ©s comme cette sociĂ©tĂ© des Highlands non nommĂ©e ... 29AndrĂ©-Georges Haudricourt ne s’y trompait pas lorsqu’il s’était exclamĂ© Ă  la lecture de mes premiĂšres donnĂ©es que les Kasua laissent parler la nature » ! La terminologie des oiseaux et des amphibiens en tĂ©moignerait assez. Leur nom est celui qu’ils se sont choisi eux-mĂȘmes Tous parlent par le nom qu’ils portent, Ă©coute ! », me signalaient systĂ©matiquement les Kasua. Chaque ĂȘtre forestier est reconnu dans son individualitĂ© propre, c’est-Ă -dire dans sa personnalitĂ© Ă©cologique et comportementale singuliĂšre, et les activitĂ©s oniriques contribuent Ă  cette individualisation, car le rĂȘve pour les Kasua est une expĂ©rience de la mĂ©tamorphose, non de la projection anthropomorphique. En rĂȘvant, les Kasua empruntent Ă  l’animal, investi par leur double, ses yeux, son odorat, son ouĂŻe, ses attitudes alimentaires, sexuelles, aussi l’apprĂ©hension de ses ennemis, autrement dit, les rĂȘveurs bĂ©nĂ©ficient des sens de l’autre pour vivre, ressentir, s’enrichir d’un autre point de vue, d’un autre point d’écoute sur le monde, d’un autre comportement sur le monde. En rĂȘvant en Ă©veil, ils reconnaissent que l’autre est susceptible d’échanger des mots, des visions, des Ă©motions, des biens parfois. Ceci explique combien les Kasua reconnaissent avec une estime certaine que ce sont les oiseaux qui leur ont appris Ă  chanter, que ce sont les chiens qui leur ont appris Ă  chasser, ou encore que ce sont les palmiers qui leur ont offert les armes. Mais aussi, qu’ils aient pu emprunter au monde animal certains de leurs comportements observĂ©s ou rĂȘvĂ©s. Les Kasua affirment avec une Ă©tonnante spontanĂ©itĂ©10 avoir ainsi copiĂ© leur technique d’exoprĂ©dation sur celle pratiquĂ©e par l’Aigle de Nouvelle-GuinĂ©e, leur danse cĂ©rĂ©monielle gisala sur la danse nuptiale des paradisiers, l’usage d’une liane servant de grattoir en observant le Couscous tachetĂ© peyo qui l’utilisait Ă  cette fin... 30C’est dire Ă  quel point les Kasua reconnaissent la diversitĂ© des relations que ces ĂȘtres – ainsi que leur double – sont susceptibles d’entretenir entre eux comme avec les autres. Prises isolĂ©ment, c’est-Ă -dire prises dans leur dimension intra-espĂšce, ces relations nous parlent d’homo-, d’uni-et de bi-sexualitĂ©, de stĂ©rilitĂ©, de transmutation, de monogamie et de polyandrie, de vie sociale, de famille et de cĂ©libat, de sournoiserie et de vengeance, de migration et de spĂ©ciation allotropique Ă  l’image d’ailleurs de ce qu’ont observĂ© les clans kasua. Prises dans leur dimension infra-espĂšces, elles Ă©voquent la concurrence tant animale que vĂ©gĂ©tale, le parasitisme exprimĂ© Ă  titre d’exemple par les fourmis et leur hĂŽte, l’arbre haposa ; le commensalisme les porcs et les chiens reprĂ©sentant les commensaux par excellence en profitant de la nourriture des autres, tandis que le martin-pĂȘcheur fait figure, pour les Kasua, de commensal informant l’homme de la prĂ©sence d’anguilles ; la synecie, au sens oĂč les Kasua considĂšrent que la diffusion zoochore de plus de 431 espĂšces d’arbres instaure entre les multiples animaux concernĂ©s et les plantes une relation neutre, Ă  la diffĂ©rence de la symbiose dont l’exemple paradigmatique cher aux Kasua est reprĂ©sentĂ© bien Ă©videmment par la relation positive qu’entretiennent le casoar et la forĂȘt. L’animal ne se contente pas en effet de disperser les graines des essences arborescentes, il les fertilise grĂące Ă  son systĂšme digestif capable de rĂ©gĂ©nĂ©rer les fruits qu’il avale. Et ses dĂ©jections tĂ©moignent s’il le fallait du succĂšs de sa capacitĂ© gestante, du succĂšs de sa fĂ©conditĂ© ! N’est-ce pas dans ses excrĂ©ments, empruntant le mĂȘme chemin que celui de ses Ɠufs si Ă©tonnamment verts, oĂč bourgeonnent les jets tout aussi verts des arbres re-procréés ? Les Kasua nommeront d’ailleurs ces jets esale, ce qui signifie certes rejet » mais aussi progĂ©niture », enfants » ! Enfants, donc, du casoar dont le cloaque est dĂ©signĂ© par un terme symbolisant dĂ©cidĂ©ment bien son potentiel reproducteur dotĂ© d’un principe masculin et fĂ©minin anus-vagin. 11 C’est bien cette considĂ©ration qui m’a conduite Ă  Ă©laborer une nouvelle approche des savoirs locau ... 31Ainsi, laisser parler la nature », comme laisser parler la nature qui parle en chacun d’eux, signifie pour les Kasua reconnaĂźtre l’essence mĂȘme de tous ces multiples et divers composants du milieu forestier ce sont des ĂȘtres relationnels, c’est-Ă -dire des ĂȘtres qui, quels que soient leur rĂšgne, leur genre, leur espĂšce rentrent constamment en relation avec l’autre, lui-mĂȘme pouvant appartenir Ă  un autre rĂšgne, Ă  un autre genre, une autre espĂšce. Cette dĂ©finition de l’ĂȘtre forestier explique certainement que les connaissances des Kasua sont trĂšs souvent plus riches que celles dĂ©tenues par les botanistes, ou encore par les zoologues dont le savoir Ă  propos de nombreuses espĂšces papoues dĂ©coule d’observations menĂ©es sur des animaux en captivitĂ©, c’est-Ă -dire hors milieu, hors relations. Le savoir kasua ne se contente donc pas de dresser un inventaire exhaustif et statique des espĂšces peuplant l’environnement. Il est un savoir processuel et dynamique qui se fonde sur les relations interactives liant les ĂȘtres avec les autres, que ces autres soient vĂ©gĂ©tal, animal, humain ou spirituel11. 32Il est finalement un savoir organisĂ© car, Ă  l’image du savoir Ă©cologique, il ordonne l’ensemble de ces relations d’aprĂšs une certaine dĂ©finition de la relation. Quand le pĂ©nis de Sito qualifie les relations et les ordonne 33En effet, aussi multiples et complexes soient ces inter-relations – elles peuvent s’enchevĂȘtrer ou encore se dĂ©multiplier – elles ne sous-entendent pas pour les Kasua une organisation » anarchique. Elles rĂ©vĂšlent au contraire le degrĂ© d’organisation qu’ils prĂȘtent Ă  leur Ă©cosystĂšme forestier, ou plus justement, elles rĂ©vĂšlent le degrĂ© d’organisation que Sito a prĂȘtĂ© Ă  l’ensemble des ĂȘtres vivants lorsqu’il se sĂ©para de son pĂ©nis, porteur de la fertilitĂ© sexuelle universelle. Nous nous en souvenons certainement. La diffusion de son ibi avait non seulement assujetti tous les ĂȘtres vivants, dont les humains, Ă  une mĂȘme relation – la relation trophique-, mais aussi avait pris soin d’ordonner tous ces ĂȘtres d’aprĂšs les relations trophiques qui les liaient entre eux. Ainsi, en suivant son ordonnancement – que j’avais qualifiĂ© alors de chaĂźne alimentaire – nous rencontrons d’abord le ver de terre capable, par son caractĂšre hĂ©tĂ©rotrophe, de dĂ©composer toute matiĂšre organique morte et de la ramener finalement Ă  ses composĂ©s minĂ©raux vivants. Lui succĂšdent les centaines d’espĂšces arborescentes autotrophes, c’est-Ă -dire fabriquant Ă  partir de la graisse terrestre » des substances organiques comme les fruits et les feuillages, consommĂ©s par la faune, phytophage Ă  plus de 70 %, reconnue aussi comme productrice secondaire, en procurant l’alimentation Ă  l’homme occupant la place du consommateur au plus haut niveau trophique. Bref, en retenant la relation trophique comme critĂšre opĂ©rant, Sito ordonne les ĂȘtres vivants d’aprĂšs les mĂȘmes divisions dĂ©gagĂ©es par la synĂ©cologie, Ă  savoir les trois compartiments biotiques de l’écosystĂšme les destructeurs, les producteurs et les consommateurs. D’ailleurs, il accorde Ă  l’humanitĂ© la mĂȘme suprĂ©matie dans l’écosystĂšme que lui concĂšde la synĂ©cologie. 34Cependant, cette suprĂ©matie, dans son ordonnancement, ne signifie pas un quelconque privilĂšge Ă©cologique, au sens oĂč elle autoriserait l’humanitĂ© Ă  s’affranchir des liens Ă©tablis entre elle et les autres ĂȘtres vivants la prĂ©cĂ©dant dans la chaĂźne. En effet, Ă  la diffĂ©rence de la chaĂźne trophique des biologistes qui ne rend compte que de la diffusion de l’énergie alimentaire, la chaĂźne sitoesque traduit Ă©galement, ou plutĂŽt fondamentalement, la circulation de sa prĂ©cieuse Ă©nergie vitale, l’ibi, celle nĂ©cessaire Ă  la reproduction de la vie, Ă  la reproduction sexuelle de leur vie. L’humanitĂ© est certes Ă  l’extrĂ©mitĂ© de la chaĂźne, mais cette place est loin d’ĂȘtre privilĂ©giĂ©e ! Elle signifie au contraire que les Kasua sont les ultimes bĂ©nĂ©ficiaires de cette Ă©nergie trophico-sexuelle dont ils ont vitalement besoin. D’ailleurs, Sito les contraint Ă  respecter cette place ultime, c’est-Ă -dire celle d’ĂȘtre les derniers consommateurs de son ibi puisque toute transgression transformerait les individus en sorciers. 35Occuper le plus haut niveau trophique dans l’ordonnancement biologique ne revĂȘt donc pas les mĂȘmes implications pour l’humanitĂ© kasua. Celles-ci sont de l’ordre de la contrainte. En doublant la chaĂźne alimentaire d’une trame organisant le processus de la reproduction de la vie, Sito instaure une interdĂ©pendance entre la rĂ©gĂ©nĂ©ration de l’humanitĂ© et la rĂ©gĂ©nĂ©ration des ressources forestiĂšres, et donc, des relations dont elles sont les sujets. En d’autres termes, Sito instaure le principe de la dĂ©pendance rĂ©ciproque fondant l’approche Ă©cosystĂ©mique comme celui procĂ©dant Ă  la reconnaissance de la biocĂ©nose. 36Ainsi, le paradigme kasua animĂ© par l’ambivalence ontologique produit un savoir Ă©cologique qui n’a rien Ă  envier au savoir produit par le paradigme dualiste occidental. Non seulement il repose fondamentalement sur les relations qu’entretiennent les ĂȘtres entre eux, mais aussi il promeut des connaissances objectives. Et les rĂȘves exercent une dĂ©termination certaine sur l’acuitĂ© de ces connaissances. Instaurant en effet un perspectivisme non structural mais intimiste, ils offrent Ă  tout un chacun une vision perspective, une connaissance perspective » de l’autre, au sens oĂč plus l’état affectif entre en jeu vis-Ă -vis d’une chose, plus nous avons d’yeux, d’yeux diffĂ©rents pour cette chose, et plus complĂšte sera notre “notion” de cette chose, notre objectivitĂ© » Nietzsche 1971. LE RÔLE DES RÊVES DANS LA PÉRENNISATION DU SAVOIR ÉCOLOGIQUE KASUA ET DES RELATIONS QU’IL APPRÉHENDE 37Cependant, l’ambivalence ontologique instaurĂ©e par les activitĂ©s oniriques ne se contente pas d’inciter les Kasua Ă  produire un savoir digne de ce nom et Ă  s’en satisfaire. Elle impose Ă  ce savoir d’ĂȘtre un savoir appliquĂ© qui pĂ©rennise l’ensemble des relations biocĂ©notiques qu’il reconnaĂźt entre tous les ĂȘtres du cosmos, y compris les humains. En d’autres termes, l’ambivalence ontologique interdit aux Kasua d’oublier ou de seulement nĂ©gliger ce qu’ils savent ils sont partis du tout et ne peuvent se dĂ©solidariser de ce tout, car ils ne sont pas maĂźtres et possesseurs » de la forĂȘt cosmique. Quand du rĂȘve Ă©merge un autre compartiment biotique 38En effet, en doublant le biotope visible d’un biotope invisible habitĂ© par des humains spirituels, en doublant l’homme d’un double onirique, la perception kasua relativise farouchement la suprĂ©matie Ă©cosystĂ©mique de l’humanitĂ©. La co-extension des espaces promeut simultanĂ©ment la co-extension de la chaĂźne en faisant Ă©merger un autre compartiment biotique occupĂ© distinctement par les communautĂ©s spirituelles. La prĂ©sence de cet autre niveau, comme la relation trophique qu’elle instaure simultanĂ©ment, dĂ©classe bien Ă©videmment le niveau suprĂȘme occupĂ© par l’humanitĂ© qui se voit gratifiĂ©e du double statut que l’écologie prĂȘte Ă  la faune, Ă  savoir le statut de consommatrice mais aussi celui de productrice secondaire dans le monde onirique le hon pouvant procurer Ă©ventuellement l’alimentation aux esprits. Cette double condition dĂ©finissant prĂ©cisĂ©ment l’ontologie kasua affaiblit bien Ă©videmment l’autoritĂ© dont pourrait se prĂ©valoir l’humanitĂ© kasua, d’autant que hormis les rares ĂȘtres d’exception, aucun ne maĂźtrise totalement son double et ses Ă©volutions dans l’univers onirique. 39Cependant, cette double condition est Ă©galement partagĂ©e par les humains spirituels de l’autre compartiment biotique. Eux aussi, en effet, sont susceptibles de constituer les producteurs secondaires pour les humains kasua en intervenant dans le monde visible sous la forme de gibier, autrement dit, eux aussi voient leur suprĂ©matie fragilisĂ©e. 40Ainsi, par cette gĂ©nĂ©ralisation de l’identitĂ© duelle prĂȘtĂ©e Ă  toutes les humanitĂ©s, qu’elles soient spirituelles ou non, ces communautĂ©s sont sur un pied d’égalitĂ© et, par consĂ©quent, le compartiment biotique Ă©mergeant des activitĂ©s oniriques reprĂ©senterait un compartiment identique Ă  celui occupĂ© par les humains kasua. N’est-ce pas d’ailleurs cette symĂ©trie postulĂ©e entre ces deux niveaux biotiques qui rend si efficiente la rĂ©ciprocitĂ© dans leurs rapports et l’inversion structurale de l’identitĂ© de leurs occupants ? Ils sont tantĂŽt chasseurs, tantĂŽt gibiers. Dans ce chassĂ©-croisĂ© de consommateur/producteur, ils sont vĂ©ritablement des alter Ă©gaux ». Quand la dette Ă©lĂšve les esprits en haut de la chaĂźne 41Or, c’est prĂ©cisĂ©ment parce que les esprits sont des alter Ă©gaux » avec qui l’humanitĂ© kasua peut donc procĂ©der Ă  des Ă©changes que leurs communautĂ©s s’élĂšvent paradoxalement au-dessus de celle des hommes. D’une part, parce que ce sont elles qui initient l’échange en donnant ce qu’elles seules dĂ©tiennent des crĂ©ateurs les Isanese – le gibier d’Hapano ou l’accĂšs Ă  la fĂ©conditĂ©-, les Sosu – l’ibi de Sito ou l’accĂšs Ă  la reproduction fertile. D’autre part, parce que ce sont elles Ă©galement qui dĂ©finissent les conditions procĂ©dant Ă  l’établissement de la relation comme la nature du contre-don qu’elles rĂ©clament en retour. Or, selon les termes de l’échange instituĂ© et ses conditions, les Kasua sont plus ou moins Ă  mĂȘme d’assumer la rĂ©ciproque dans laquelle s’inscrit la relation, autrement dit, ils sont plus ou moins Ă  mĂȘme de rĂ©tablir et de prĂ©server l’égalitĂ© entre eux et la communautĂ© spirituelle concernĂ©e. Ainsi, plus le don des esprits est important, plus la dette contractĂ©e leur semble insurmontable, plus les Kasua cherchent Ă  diffĂ©rer le contre-don attendu, voire Ă  altĂ©rer sa nature. Tel est bien le cas extrĂȘme illustrĂ© par la relation liant les Kasua aux Sosu dĂ©positaires de la dette primordiale et originelle qu’a contractĂ©e involontairement l’humanitĂ© auprĂšs du crĂ©ateur Sito. Les Kasua rĂ©pugnent Ă  s’acquitter de leurs obligations – sacrifier Ă  chaque gĂ©nĂ©ration un de leurs enfants-, diffĂ©rant au plus tard – Ă  la troisiĂšme gĂ©nĂ©ration-, la rĂ©alisation de leur contre-don qui, ne correspondant pas Ă  celui attendu, ne parviendra pas Ă  rĂ©tablir une Ă©galitĂ© entre eux et les Sosu. Cette distorsion au principe idĂ©al de la rĂ©ciprocitĂ© va donc non seulement Ă©lever les esprits au-dessus des hommes, mais surtout entretenir leur supĂ©rioritĂ© en perpĂ©tuant la dette que les humains contractent ou ont contractĂ©e Ă  leur insu auprĂšs d’eux. C’est bien ce poids de la dette qui va transformer le niveau spirituel, idĂ©alement symĂ©trique au niveau des humains kasua, en quatriĂšme et dernier compartiment de la grande chaĂźne biotique que l’on pourrait reprĂ©senter comme un continuum oĂč la place respective des esprits se dĂ©finirait d’aprĂšs l’ampleur de la dette ou encore d’aprĂšs le diffĂ©rĂ© de la rĂ©ciproque, voire de l’impossibilitĂ© de se conformer au principe de rĂ©ciprocitĂ©. Ainsi, au plus bas niveau de ce compartiment additionnĂ©, c’est-Ă -dire au niveau juxtaposant celui des Kasua, se trouveraient les Isanese, terme dont la traduction littĂ©rale, ombre des adultes procrĂ©ant », trahit d’ailleurs, nous l’avons vu, leur forte similitude, voire leur symĂ©trie avec les Kasua. Celle-ci est toutefois relative puisque mĂȘme si effectivement les Kasua respectent une rĂ©ciprocitĂ© quelque peu diffĂ©rĂ©e, les Isanese gardent une supĂ©rioritĂ© en Ă©tant les dĂ©tenteurs du bon vouloir de donner du gibier. Cette supĂ©rioritĂ© n’est certes pas comparable Ă  la suprĂ©matie des Sosu qui se situeraient Ă  l’extrĂ©mitĂ© opposĂ©e de ce continuum. Ces esprits et, au-delĂ , Sito occuperaient de fait le plus haut niveau de la chaĂźne – marquant ainsi la frontiĂšre ontologique – en s’assimilant aux grandes puissances de l’invisible face Ă  qui il n’y a pas de contre-don possible » Godelier 1996 258. Car rien d’équivalent ne peut ĂȘtre donnĂ© et, bien entendu, aucun contredon ne pouvant compenser la perte de son pĂ©nis et de son pouvoir reproducteur. 42Cette graduation de l’occupation spatiale des esprits au sein de ce continuum ne relĂšve pas de la seule abstraction intellectuelle puisqu’elle se matĂ©rialise dans l’espace visible. Les Isanese cohabitent littĂ©ralement avec les hommes dans leurs territoires claniques, tout en gardant une position spatiale dominante en nichant dans la cime des arbres, alors que les Sosu, dont la distanciation des humains Ă©gale le degrĂ© d’endettement et la volontĂ© d’évitement, surplombent gĂ©ographiquement tous les ĂȘtres en habitant les hauteurs du mont Bosavi. Quand les esprits menacent l’humanitĂ© kasua 43Reste qu’aussi Ă©loignĂ©s ou surĂ©levĂ©s soient les esprits, les Kasua ne peuvent oublier leur prĂ©sence, ni donc leur puissance. L’absence de frontiĂšre fixe les en empĂȘche. D’ailleurs les esprits ne manquent pas de rappeler aux hommes cette rĂ©alitĂ© Ă  laquelle ils ne peuvent dĂ©cidĂ©ment pas se soustraire, d’autant qu’en sus de leur domination spatiale ils dĂ©tiennent sur les hommes un autre avantage considĂ©rable ils les voient. Aussi, les Kasua ont beau exceller dans les techniques de camouflage dignes des phasmes tropicaux – chasse Ă  l’affĂ»t, s’oindre le corps du sang des gibiers ou d’urine, ne pas laisser de lumiĂšre sortir de la demeure, effacer leurs traces-, ou Ă  des subterfuges rituels dans la volontĂ© de gagner du temps quant Ă  l’accomplissement du devoir de rĂ©ciprocitĂ© – brĂ»ler les yeux des morts, cuire les enfants sous des Ă©corces-, ils ne parviennent pas Ă  tromper les esprits. Et il suffit que ces derniers les surprennent en infraction ou se sentent par trop abusĂ©s pour exercer Ă  leur encontre leur puissance, leur rappeler leur crĂ©ance. Celle-ci se mesure aux sanctions qu’ils sont susceptibles d’infliger Ă  tous ceux qui viendraient enfreindre l’ordre relationnel dont ils sont respectivement les garants. Les Isanese, maĂźtres des gibiers, rĂ©primandent inexorablement les chasseurs opportunistes, impatients, abusifs en agressant sexuellement leur hon, en blessant ou meurtrissant leur double d’un tir d’une flĂšche. Les infractions peuvent Ă©galement susciter leur impatience et donc leur volontĂ© de se rĂ©tribuer par eux-mĂȘmes, en volant et en sĂ©questrant le hon des enfants. De façon plus irrĂ©versible, ils peuvent tout simplement dĂ©cider de quitter le territoire clanique, c’est-Ă -dire dĂ©possĂ©der les membres respectifs du clan de toutes chances de recevoir un don de gibier de recevoir une visite d’un Isanese au cours du rĂȘve ou d’une sĂ©ance chamanique. 44Plus violentes sont bien Ă©videmment les sanctions qu’infligent les Sosu, garants du processus sexuĂ© de la vie, l’ ibi et de son hon usage. Celles-ci sont en effet mortelles, et surtout gĂ©nĂ©ralisĂ©es comme la dette Ă  la collectivitĂ© humaine, et ce, mĂȘme si l’infraction est commise par un unique individu. Ils sont capables de pĂ©trifier les hommes, de convertir leur hon en sorcier, cannibale des hons humains, de retourner l’écorce terrestre, d’inonder la terre, de foudroyer les grandes demeures, bref d’anĂ©antir l’humanitĂ© kasua. 45Ces sanctions, nous le voyons, sont Ă  la hauteur des termes sur lesquels reposent les relations qui lient les Kasua Ă  ces communautĂ©s spirituelles puisqu’elles consistent Ă  reprendre ce qui se donne ou a Ă©tĂ© donnĂ© le gibier ou le double de l’homme, le principe mĂȘme de la reproduction de la vie. Elles crĂ©ent de fait une interdĂ©pendance entre les faits et les gestes de chacun des Kasua, puisque toute infraction individuelle se retourne inĂ©vitablement contre la communautĂ©, et inversement toute infraction communautaire se retourne contre ses individus. Ces menaces, Ă  l’image des menaces qu’exercent les ennemis, imposent que l’intĂ©rĂȘt collectif prĂ©vale sur l’intĂ©rĂȘt du particulier. Quand la gestion durable de l’endettement s’assimile Ă  une gestion durable du cosmos forestier 46IdĂ©alement, le systĂšme relationnel observĂ© par les Kasua avec les non-humains spirituels se fonde sur le principe de la rĂ©ciprocitĂ© Schieffelin 1980. Cependant, chez les Kasua, cette qualification doit ĂȘtre prĂ©cisĂ©e – ou sa classification sous-divisĂ©e – selon le terme des Ă©changes pour lesquels la rĂ©ciprocitĂ© est postulĂ©e. En effet, c’est le terme des Ă©changes, et donc la dĂ©finition de la dette, qui gouverne les modalitĂ©s des relations que cette population entretient avec les ressources forestiĂšres dĂ©tenues par les communautĂ©s spirituelles crĂ©anciĂšres, puisque toute action de prĂ©lĂšvement s’inscrit immĂ©diatement dans une relation d’échange qui va gĂ©nĂ©rer automatiquement de la dette ou encore l’accroĂźtre. La gestion du cosmos forestier va ainsi s’assimiler pour les Kasua Ă  une gestion de leur endettement, la durabilitĂ© de cette gestion environnementale » va se mesurer au temps du diffĂ©rĂ© de la rĂ©ciproque. 47La dette contractĂ©e auprĂšs de Sito, et dont les Sosu sont les dĂ©positaires, promeut la gestion sur le plus long terme puisque le diffĂ©rĂ© du contre-don perdure durant trois gĂ©nĂ©rations la troisiĂšme gĂ©nĂ©ration Ă©tant clairement dĂ©signĂ©e par Sito comme la limite ultime ne pouvant ĂȘtre dĂ©passĂ©e. C’est la dette Ă©galement qui favorise une gestion environnementale dont la portĂ©e Ă©cologique est la plus Ă©cosystĂ©mique possible. À la diffĂ©rence de la dette contractĂ©e auprĂšs des Isanese et qui ne porte que sur les gibiers du territoire clanique, la dette de Sito est Ă©cologiquement holistique au sens oĂč elle porte sur le principe mĂȘme de la reproduction de la vie que Sito a pris soin de diffuser dans la grande chaĂźne trophico-sexuelle dont’humanitĂ© kasua – c’est-Ă -dire tous les clans kasua – est interdĂ©pendante pour sa reproduction. Aussi, durant ce diffĂ©rĂ©, autrement dit durant toute cette pĂ©riode oĂč les Kasua se refusent Ă  sacrifier leurs enfants, ils vont contenir, voire dissimuler, les prĂ©textes pouvant alourdir leur crĂ©ance, et en cela renforcer la puissance des esprits. Cette rĂ©alitĂ© les conduit Ă  se prĂȘter Ă  un contrĂŽle rigoureux de leur propre dĂ©mographie chaque nouvelle naissance accentuant dramatiquement leur dette collective. L’accĂšs Ă  la sexualitĂ© hĂ©tĂ©rosexuelle est sĂ©vĂšrement contrĂŽlĂ©, contenu, retenu, comme retardĂ© et dĂ©prĂ©ciĂ© par l’homosexualitĂ©, enfin conditionnĂ© par l’aptitude Ă  surmonter la mort et la consommation de chair humaine. Ce contrĂŽle s’exerce aussi sur les naissances. Les femmes, nous nous en souvenons, dĂ©tiennent le droit de se prĂȘter Ă  des infanticides. Les hommes dont les Ă©pouses ont des grossesses par trop successives se voient systĂ©matiquement exposĂ©s au mĂ©contentement que tout un chacun est susceptible de manifester. Ces rĂ©primandes, toujours publiques, sont parfois trĂšs violentes et s’accompagnent de coups de hache sans qu’aucun des spectateurs n’intervienne, manifestant par lĂ  une approbation silencieuse. La mĂȘme approbation exprimĂ©e lorsqu’une Kasua, reconnue sorciere, c’est-Ă -dire ayant abusĂ© de la fertilitĂ© sitoesque, se voit rouĂ© de coups par ses corĂ©sidents avant d’ĂȘtre tuĂ©, dĂ©coupĂ©, et finalement mangĂ©. Il est en effet de l’intĂ©rĂȘt de tous de contenir le taux des naissances visibles et invisibles, de gĂ©rer leur double sexualitĂ©, bref de gĂ©rer leur propre Ă©nergie trophico-sexuelle dont ils sont limitativement porteurs, comme d’observer l’ordre de sa circulation entre les humains, Ă©tabli par Sito. Car, tous s’exposent au risque de se voir dĂ©possĂ©der du principe de fertilitĂ©, c’est-Ă -dire de se voir dĂ©possĂ©der de la capacitĂ© de reproduire la vie, leur vie. Les subterfuges auxquels ils s’adonnent en simulant la cuisson de leurs enfants tĂ©moignent d’ailleurs de leur conscience d’ĂȘtre en faute, de leur sentiment de culpabilitĂ©, de leur immense fragilitĂ©. 48C’est bien cette conscience de pouvoir ĂȘtre dĂ©possĂ©dĂ© Ă  tout instant du principe vital au cours du diffĂ©rĂ© et, par consĂ©quent, de ne pas ĂȘtre les maĂźtres et possesseurs » du processus de la reproduction de la vie qui les oblige non seulement Ă  maintenir l’ensemble des relations trophico-sexuelles les prĂ©cĂ©dant dans la chaĂźne sitoesque, mais surtout, et plus fondamentalement, Ă  les perpĂ©tuer. Cette prĂ©occupation partagĂ©e par l’individu et la collectivitĂ© conditionne bien Ă©videmment la ritualisation de leurs activitĂ©s de subsistance qu’ils assimilent non pas Ă  des activitĂ©s gĂ©nĂ©rant des ressources mais Ă  des activitĂ©s rĂ©gĂ©nĂ©rant les ressources celles-ci Ă©tant sujet d’une relation trophico-sexuelle Ă  laquelle ils apposent la leur. 49Elle se manifeste dans leur appropriation mesurĂ©e du gibier au sein des territoires claniques respectifs, en conditionnant l’exercice de la prĂ©dation Ă  la visite d’un rĂȘve, en exigeant que les pratiques de chasse s’assimilent Ă  des rĂ©ceptions de don de gibier, en valorisant les prises unitaires. Autant de principes rĂ©gissant les modes de prĂ©lĂšvement sur la faune qui participent au souci de maintenir sa densitĂ© de population suffisamment Ă©levĂ©e -comme celle des Isanese – dans la mesure oĂč les animaux constituent leurs ultimes producteurs de graisse sitoesque. 12 Le choix des plantes cultivĂ©es dans les essarts participe Ă©galement de cette volontĂ© puisque les c ... 50Elle se retrouve de maniĂšre toute aussi Ă©loquente dans leur cycle horticole qui s’ajuste prĂ©cisĂ©ment Ă  la pĂ©riode du diffĂ©rĂ© en respectant une mise en jachĂšre couvrant trois gĂ©nĂ©rations. Les Kasua exhibent volontairement une Ă©conomie d’abattage des arbres dans leur pratique d’essartage pour entretenir les cycles de matiĂšres nĂ©cessaires au maintien des producteurs primaires formant la mowa12. Du respect de ces cycles Ă©cologiques dĂ©coule, en effet, l’effacement des traces de leur endettement que trahit grossiĂšrement et bien trop durablement l’ouverture de la canopĂ©e. 51Ainsi, en laissant sur pied les orphelins » du casoar, il s’agit de limiter le flux des radiations solaires qui dessĂšchent certainement le sang des hommes mais aussi la terre ; ensuite d’assurer la continuitĂ© du cycle d’eau qu’ils qualifient de gunubeĂŻ, c’est-Ă -dire le cycle d’échange entre l’évapotranspiration des arbres et la rosĂ©e de la lune. Ce cycle est absolument nĂ©cessaire pour entretenir le processus de dĂ©composition produisant l’humus – la graisse » en kasua – autrement dit, pour reproduire le processus primordial ayant gouvernĂ© la dĂ©composition du pĂ©nis de Sito, et donc la production de l’énergie vitale. 52Enfin, en laissant le casoar s’introduire librement dans leur jardin, il s’agit pour les Kasua d’assurer le recrĂ» de la masse arborescente puisqu’ils dĂ©pendent de l’animal pour perpĂ©tuer la rĂ©gĂ©nĂ©ration du massif forestier, c’est-Ă -dire la rĂ©gĂ©nĂ©ration des arbres dont se nourrissent les animaux comme leur double de gibier. 53Ainsi quand les Kasua affirment que le casoar est bien le jardinier de la forĂȘt », ils affirment bien une symbiose Ă©cologique. Et tant qu’ils rĂȘveront, cette symbiose sera indissociable des symbioses socio-cosmiques auxquelles ils participent pleinement comme en tĂ©moigne leur ultime revendication. En somme, les Kasua invitent les compagnies forestiĂšres et au-delĂ  tout intervenant Ă©tranger Ă  rĂȘver davantage. Une vision onirique oĂč chacune des composantes de la biodiversitĂ© recĂšlerait une part de nousmĂȘmes consacrĂ©e non dans les biens mais dans les liens Brunois 2001. Il n’entend rien. Mustapha montre un phasme de 8,5 cm. “J’ai mesurĂ© les petits phasmes chaque semaine. Ils faisaient tous 1,5 cm sauf le grand qui mesurait 8cm.” OĂč vit les phasmes ? OĂč le trouver ? Le phasme n’est normalement pas attirĂ© par les jardins, mais peu parfois s’y retrouver via le transport de plantes ou la proximitĂ© de son habitat. Il favorise les milieux ombragĂ©s lisiĂšres et bordures de route ou forĂȘts, sur des plants Ă©pineux tels que les rosiers, ronciers, aubĂ©pines
 Comment prendre un phasme bĂąton ? Ils ne devraient manger que des feuilles fraiches. Assurez-vous d’arroser leur vivarium si vous y mettez les feuilles pour Ă©viter qu’elles se dĂ©shydratent. Vous n’avez pas Ă  mettre Ă  l’intĂ©rieur de l’habitat un bol d’eau s’il y a des bĂ©bĂ©s phasmes moroses Ă  l’intĂ©rieur sinon, ils vont se noyer. Comment faire un Ă©levage de phasmes ? L’élevage des phasmes peut se mener aisĂ©ment dans un vivarium ou une boĂźte vitrĂ©e d’environ 30 cm de longueur. Il vaut mieux recouvrir le sol du vivarium avec une feuille de papier pour pouvoir sĂ©parer facilement les Ɠufs des crottes qu’il faut Ă©liminer rĂ©guliĂšrement pour Ă©viter le dĂ©veloppement de moisissures. Comment se dĂ©barrasser des Ɠufs de phasmes ? Si vous avez trop d’Ɠufs, la mĂ©thode la moins cruelle de se dĂ©barrasser des Ɠufs est la congĂ©lation. Comment vivent les phasmes ? La plupart des phasmes vivent dans les forĂȘts des pays humides et chauds d’Asie, OcĂ©anie et AmĂ©rique climat tropical et Ă©quatorial. Selon l’espĂšce, on peut les trouver dans diffĂ©rents pays par exemple, le Phyllium, en IndonĂ©sie et aux Maldives, le Lamponius guerini, en Guadeloupe et l’Heteropteryx, en Malaisie. Quel est l’habitat du phasme ? Habitat. La majoritĂ© des espĂšces de phasmes vivent dans les pays chauds et humides. On en trouve Ă©galement dans les forĂȘts. Qu’est-ce que ça mange un phasme ? C’est une espĂšce trĂšs polyphage, elle va consommer du lierre, des ronces, rosiers, aubĂ©pines, millepertuis, noisetiers et chĂȘnes 
 Pour les nourrir, donnez leur des branches avec feuilles que vous aurez prĂ©alablement placĂ©es dans un petit pot en verre avec de l’eau pour Ă©viter quelles ne se dessĂšchent trop rapidement. Comment reconnaĂźtre un phasme bĂąton mĂąle ou femelle ? En effet, chez les mĂąles phyllium, la forme de la feuille est beaucoup plus triangulaire que chez les femelles. Cette diffĂ©rence s’observe dĂšs les stades L2, L3. Pour toutes les espĂšces du type bĂąton », les mĂąles possĂšdent une excroissance au bout de l’abdomen. Cette spĂ©cificitĂ© s’observe dĂšs les stades L3, L4. Comment et oĂč acheter des phasmes ? OĂč se procurer des phasmes ? Comment et oĂč peut-on se procurer des phasmes? Bonjour. Vous pouvez vous procurer plusieurs espĂšces de phasmes, ainsi que d’autres insectes Ă  Ă©lever, auprĂšs de l’OPIE Office pour les insectes et leur environnement. Comment faire un terrarium pour phasme bĂąton ? On peut faire juste un ou deux petits trous de quelques cm pour une espĂšce aimant les endroits confinĂ©s, jusqu’à complĂštement faire une face ou plusieurs entiĂšrement grillagĂ©es pour des espĂšces nĂ©cessitant beaucoup d’aĂ©ration. Pour faire l’aĂ©ration il faut dĂ©couper le plastique au cutter. Comment avoir des bĂ©bĂ©s phasmes ? Pour des bĂ©bĂ©s phasmes, il est conseillĂ© de remplir gĂ©nĂ©reusement le terrarium de ronces afin de faciliter leur alimentation. Veillez Ă  ce que les phasmes puissent remonter sur les branches s’ils tombent au fond du vivarium. Veillez aussi Ă  bien humidifier le terrarium en pulvĂ©risant les parois du vivarium. Comment se nourrit les phasmes ? C’est une espĂšce trĂšs polyphage, elle va consommer du lierre, des ronces, rosiers, aubĂ©pines, millepertuis, noisetiers et chĂȘnes 
 Pour les nourrir, donnez leur des branches avec feuilles que vous aurez prĂ©alablement placĂ©es dans un petit pot en verre avec de l’eau pour Ă©viter qu’elles ne se dessĂšchent trop rapidement. Comment garder les Ɠufs de phasmes ? Les vacances scolaires Ă©tant proches, si vous voulez conserver les oeufs de phasmes jusqu’à la rentrĂ©e scolaire, le mieux serait de les placer dans un rĂ©cipient, sur un sopalin bien sec, au rĂ©frigĂ©rateur, Ă  une tempĂ©rature d’environ 5°C. Comment savoir si les Ɠufs de phasmes sont encore vivants ? Comme les Ɠufs sont minuscules, on proposera en petits groupes une observation plus fine Ă  la loupe. Certains remarqueront le couvercle » sur le dessus des Ɠufs et parfois un jeune phasme en sortant. Comment vivent et grandissent les phasmes ? La taille des phasmes augmente en fonction du temps. Tous les 15 jours, la taille augmente puis reste stable. La croissance est discontinue, il grandit par palier car il mue. En grandissant, il fabrique sa cuticule, ses muscles, ses organes, de la matiĂšre organique. Pourquoi les phasmes meurent ? Parfois, nos phasmes meurent sans raison apparente ou sans savoir quelle en est la cause. 
 Le stress est prĂ©sent Ă  tout stade le phasme reste une proie, il peut ĂȘtre dĂ» Ă  une manipulation excessive, des vibrations causĂ©es par l’environnement, de mauvaises conditions de maintient ou encore une surpopulation. Quelle est la durĂ©e de vie d’un phasme ? Les Ɠufs Ă©closent Ă  partir de trois Ă  quatre mois. Une femelle adulte pond en moyenne 4 Ɠufs par jour et jusqu’à cinq cents Ɠufs en une vie, sa durĂ©e de vie Ă©tant de six mois Ă  un an. Comment garder un phasme chez soi ? Veillez Ă  ce que les phasmes puissent remonter sur les branches s’ils tombent au fond du vivarium. Veillez aussi Ă  bien humidifier le terrarium en pulvĂ©risant les parois du vivarium. On doit obtenir une hygromĂ©trie de 60 % Ă  80 % selon l’espĂšce, donc vaporisez tous les deux/trois jours. Comment fabriquer un terrarium pour phasme ? On peut faire juste un ou deux petits trous de quelques cm pour une espĂšce aimant les endroits confinĂ©s, jusqu’à complĂštement faire une face ou plusieurs entiĂšrement grillagĂ©es pour des espĂšces nĂ©cessitant beaucoup d’aĂ©ration. Pour faire l’aĂ©ration il faut dĂ©couper le plastique au cutter. Comment diffĂ©rencier les phasmes ? Comme les Phasmes, elle se reproduit par parthĂ©nogĂ©nĂšse, les Ɠufs se dĂ©veloppent donc sans avoir besoin d’ĂȘtre fĂ©condĂ© par un mĂąle. On la diffĂ©rencie des Phasmes par un corps beaucoup plus trapu, des pattes antĂ©rieures et mĂ©dianes de petite taille ainsi que par un long dard » Ă  l’apex de son abdomen. Comment savoir si un phasme mue ? Il est possible de savoir lorsqu’un phasme va muer si on a l’oeil. Un phasme prĂȘt Ă  muer paraĂźt prĂšs Ă  exploser, il est bien rempli, dilatĂ©, il semble gonflĂ©. Enfin 2 ou 3 jours avant la mue, le phasme s’immobilise en se pendant Ă  une feuille ou une branche. Comment nourrir un phasme bĂąton ? C’est une espĂšce trĂšs polyphage, elle va consommer du lierre, des ronces, rosiers, aubĂ©pines, millepertuis, noisetiers et chĂȘnes 
 Pour les nourrir, donnez leur des branches avec feuilles que vous aurez prĂ©alablement placĂ©es dans un petit pot en verre avec de l’eau pour Ă©viter qu’elles ne se dessĂšchent trop rapidement.

comment savoir si les Ɠufs de phasmes sont vivants